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Pointée du doigt par de nombreuses autorités de santé, la e-cigarette, ou « vapoteuse » est aussi mise en avant par certains tabacologues qui voient en elle un nouvel outil de sevrage tabagique. Décryptage de la situation.

En trois ans environ, la e-cigarette aurait fait plus de 1,3 millions d’adeptes dans l’Hexagone. En parallèle, on constate un recul significatif des ventes de tabac et des traitements nicotiniques d’aide à l’arrêt du tabac. C’est un véritable engouement mais il doit être mesuré avec prudence, car la e-cigarette est montrée du doigt par de nombreuses autorités de santé et de sociétés savantes.
 

L’avis mitigé des autorités de santé


En mai dernier, le Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP) a émis un avis mitigé, estimant que la e-cigarette ne présentait pas « d’efficacité significativement plus importante par rapport aux substituts nicotiniques ». Et il invitait les établissements publics à interdire le « vapotage » dans leurs locaux, les mettant en garde sur « le risque d’entrée en addiction nicotinique des adolescents et leur détournement vers le tabagisme ».

Même chose, en janvier dernier, du côté de la Haute Autorité de Santé (HAS), qui rappelait qu’aucune étude ne permettait d’affirmer que la e-cigarette était sans danger, et déconseillait donc son utilisation comme « aide au sevrage tabagique ». Cet été, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) s’est exprimée de façon plus tranchée : elle penche pour l’interdiction du « vapotage » dans les lieux publics et la vente de e-cigarettes aux mineurs, au motif que « l’utilisation de ces dispositifs présente un danger grave pour l’adolescent ».

Certaines sociétés savantes vont encore plus loin : pneumologues et cardiologues américains condamnent clairement la e-cigarette. Tous mettent en avant les mêmes arguments : le danger de la légitimation de la e-cigarette, le risque qu’elle constitue un point d’entrée dans le tabagisme pour les plus jeunes, et enfin le fait que la nicotine est une substance très addictive qui n’est pas dénuée d’effets sur le système immunitaire, sur le développement du fœtus durant la grossesse, sur la sensation de faim…
 

Des tabacologues à l’avis plus favorable


En France, les tabacologues affichent un avis plus mesuré. Ils avancent en premier lieu que la e-cigarette contient bien moins de produits toxiques qu’une cigarette classique, et représente donc un moindre risque pour la santé. En effet, il y a plus de 4 000 composés dans une cigarette classique, dont une quarantaine reconnus comme cancérigènes et de très nombreuses substances toxiques : goudrons, gaz toxiques (monoxyde de carbone, oxyde d’azote, acide cyanhydrique, ammoniac…) et métaux lourds (cadmium, mercure, plomb, chrome). Autant de substances qui ne sont pas présentes dans une cigarette électronique.

Autre point positif de la e-cigarette : lorsqu’elle est inhalée, elle ne provoque pas la formation de monoxyde de carbone. Ce gaz toxique formé lors de la combustion de la cigarette a la propriété de se fixer dans les globules rouges à la place de l’oxygène, d’où une moins bonne oxygénation des organes, le corps compensant en augmentant la fréquence cardiaque et la pression artérielle, ce qui à long terme accroît les risques d’accident cardiaque et vasculaire.

Par ailleurs, les tabacologues mettent en avant quelques études, qui affirment que les fumeurs qui « vapotent », parviennent à réduire leur consommation de cigarettes, voire à la stopper complètement. Des experts internationaux ont ainsi déclaré, en réponse à la mise en garde de l’OMS : « les e-cigarettes sont une nouveauté et nous n’avons, de toute évidence, pas encore toutes les réponses sur leur impact sanitaire à long terme, mais ce que nous savons, c’est qu’elles sont beaucoup moins dangereuses que les cigarettes classiques, qui tuent plus de six millions de personnes par an dans le monde ».

Mais tous s’accordent sur le fait que lorsqu’une personne adopte la e-cigarette, il faut lui conseiller de remplacer totalement le tabac par le « vapotage », car la fumée de tabac, même à faible dose, est toujours nocive.
 

Des mises en garde nécessaires


Si les acteurs de terrain, en contact direct avec les personnes qui souhaitent arrêter de fumer, dénoncent la condamnation sans appel de la e-cigarette par les Autorités de santé, ils formulent tout de même quelques recommandations de bon usage :

Le dosage en nicotine est un critère très important pour le succès d’un sevrage tabagique, que l’on utilise des patchs, des gommes ou une cigarette électronique. Cette donnée doit donc être envisagée avec beaucoup de sérieux et en concertation avec un tabacologue.

Les substituts nicotiniques de référence (patchs, gommes, pastilles à sucer) dont le dosage est parfaitement maîtrisé, demeurent le traitement de référence pour accompagner un sevrage tabagique, en parallèle des thérapies comportementales et cognitives*. La e-cigarette ne doit être envisagée qu’en deuxième intention, ou chez les fumeurs qui l’utilisent déjà.

* Programme de soins permettant d’endiguer son addiction au tabac.

Quelques précautions d’usage s’imposent : Eviter de « vapoter » en présence de jeunes enfants (même en l’absence de réels dangers), ne pas le faire en continue mais sur des plages de quelques minutes et préférer des liquides fabriqués en Europe, dont la composition est connue et certifiée. Conserver les flacons de e-liquides* hors de portée des enfants.

* Liquide aromatisé composé de PG (Propylène Glycol) ou de GV (Glycérine Végétale), d’arômes artificiels et d’un dosage en nicotine allant de 0 à 24mg/ml.

Source : http://www.essentiel-sante-magazine.fr/ma-sante/prevention/e-cigarette-outil-de-sevrage#.VIGENkMZbW4.facebook

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