ecigarette s'essoufle

Toulouse, comme la Haute-Garonne, fait aussi les frais d’une stagnation du marché de l’e-cigarette en France. Certaines boutiques mettent la clé sous la porte, d’autres constatent un chiffre d’affaires en baisse.

La cigarette électronique, qui a fait – un temps – rêver les fumeurs qui souhaitaient en finir avec le tabac, est un marché qui s’essouffle. En 2011, ce substitut de la clope, sans papier ni tabac, faisait fureur en France et les boutiques se sont mises à fleurir un peu partout, parfois de manière complètement anarchique, les vapoteurs devaient remplacer les fumeurs. Résultat : 2 500 boutiques sur le territoire en quelques années, une cinquantaine à Toulouse et des chiffres d’affaires séduisants pour les commerçants. En 2013, les e-cigarettiers affichaient 275 millions d’euros et l’an passé, sont passés à la vitesse supérieure. Soit 450 millions d’euros, selon la Fédération des indépendants du secteur (Fivape).

Mais depuis cette année, un sérieux ralentissement de l’activité a frappé ce secteur prolifique. Les chiffres d’affaires accusent d’importantes baisses de plus de 30 % dans la majorité des cas. Près de 500 boutiques en France pourraient mettre la clé sous la porte à la fin de l’année, cinq ou six dans la Ville rose où le constat a un goût d’amertume.

Chez Vap Story, rue des Lois à Toulouse, Yann, l’un des trois employés, reconnaît que «la part du gâteau diminue, car elle est partagée par de plus en plus de boutiques». «Il y a aussi la concurrence d’internet, ajoute le vendeur. Nous avons ouvert il y a deux ans et depuis 9 mois, en effet, on constate une baisse d’activité et un chiffre d’affaires moins important.» Du côté de Cigarette Lounge, qui détient deux boutiques – l’une à Saint-Cyprien (la deuxième ouverte à Toulouse) et l’autre dans le quartier Esquirol –, la vente n’est plus ce qu’elle était il y a trois ans. «Au début, on avait une grosse clientèle et pas seulement des Toulousains, assure le gérant Dominique Rodriguez. Les gens venaient d’Albi, de Castres, de Carcassonne. En 2013, beaucoup de boutiques se sont ouvertes et on a commencé à connaître une baisse du chiffre d’affaires, essentiellement à cause de la concurrence. Mais depuis le début de l’année, notre CA a baissé de 20 %. Internet et les études contre l’e-cigarette ne sont pas les seuls problèmes : les nouveaux vapoteurs sont de moins en moins nombreux car il y a un vrai problème de communication dans le secteur. On a gardé nos clients réguliers, mais pour moi, le marché stagne parce qu’on arrive à maturité. Il n’y a plus de place pour tout le monde et des boutiques ferment en ville».


Bientôt, plus de «vapotage» au bureau

Plusieurs raisons s’imposent pour expliquer cette stagnation du marché de l’e-cigarette en France et dans le département. Depuis le début de l’embellie, les lobbies du tabac, arguant d’une concurrence déloyale, font le forcing pour décourager les vapoteurs, y compris les occasionnels. Les études sur la toxicité de l’e-cigarette – jugés, dans certains cas, cinq à quinze fois plus cancérigène que le tabac – ne cessent de se multiplier. Enfin, l’interdiction de vapoter dans les bureaux prévue dans le projet de loi de santé, examiné la semaine dernière par le Parlement, ne fait rien pour arranger les choses. Il faut rappeler que le nombre de vapoteurs s’est stabilisé en France à 1,5 million de personnes (3 millions d’occasionnels).

Le chiffre : 1,5

millions >De vapoteurs. C’est le nombre de vapoteurs quotidiens en France, un chiffre qui s’est stabilisé depuis le début de l’année. Il y a également près de 3 millions de vapoteurs occasionnels. Parallèlement, le marché des fumeurs accuse aussi une baisse : le marché des cigarettes a continué de ralentir, après avoir enregistré sur l’année 2013 un recul de 1,5 % en valeur, et de 7,6 % en volume.

Source : http://www.ladepeche.fr

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