Des médecins, défenseurs de la e-cig, ont rédigé une charte pour la vapote dans les lieux professionnels

Le 5 avril 2015 , mis à jour le 19 novembre 2018 — 1 commentaire — 3 minutes de lecture

Des médecins, défenseurs de la e-cig, ont rédigé une charte pour la vapote dans les lieux professionnels

Vapoter sa menthe liquide à côté de ses collègues de bureau sera-t-il encore possible ? Pas sûr. La mesure discutée aujourd’hui à l’Assemblée fait frémir les médecins qui défendent la cigarette électronique. Cet amendement, intégré au projet de loi de santé, en réduit sacrément l’usage en spécifiant que des emplacements réservés doivent être arrêtés par l’employeur pour regrouper les vapoteurs.

« Au moins, ils ne sont pas mis dehors, soupire le docteur Philippe Presles, tabacologue, membre de SOS Addictions et de l’Aiduce (Association indépendante des utilisateurs de cigarette électronique). Nous avons observé que dans les entreprises qui le faisaient, en associant ainsi les vapoteurs aux fumeurs, certains utilisateurs de la cigarette électronique se sont remis à fumer. C’est assez décourageant, car c’est un produit qui sauve des vies ! Nous, nous appelons à ne pas voter cet amendement, et s’il passe, que le gouvernement s’inspire de notre charte », apostrophe l’expert.

Il a en effet coordonné, avec d’autres médecins, un document pour que les vapoteurs ne soient pas traités comme des fumeurs sur leur lieu de travail. Un modus vivendi à l’attention aussi des DRH. Parmi les points de la charte (qui en compte 9) : poser une distance minimale de deux mètres entre le vapoteur et les autres salariés ou encore privilégier les arômes doux des e-liquides, car certains — reconnaissons-le — sont loin d’être agréables…

Selon la charte : « La cigarette électronique n’est responsable ni de cancers ni d’infarctus, pour la simple raison que ces maladies résultent des goudrons, monoxyde de carbone et particules fines produits par la combustion du tabac. Là, il n’y a ni tabac ni combustion. […] Le tabac et sa combustion étant complètement exclus du fonctionnement de l’e-cigarette, le vapotage passif est impossible. »

Vaper ou fumer ? 

En novembre 2014, la Cour de cassation avait établi que la cigarette électronique ne tombait pas sous le coup de l’interdiction de fumer dans les lieux publics. De son côté, le ministère de la Santé, qui rappelle qu’il vaut mieux vapoter que fumer, voit cependant dans l’e-cigarette : « une possible porte d’entrée vers le tabagisme pour les mineurs ».

« Que je sache, il n’y a pas d’enfants dans les entreprises, rétorque Philippe Presles. L’e-cigarette est en train de ringardiser le tabac, de faire reculer le nombre de fumeurs, mais des idées fausses sur elle circulent. Il me faut maintenant quinze minutes pour convaincre un fumeur de s’y mettre contre trois il y a deux ans, les études sans fondement qu’on entend y sont pour beaucoup », confie le tabacologue. Le nombre de vapoteurs, lui, continue d’augmenter : plus de deux millions de Français ont dans leur sac une vapoteuse.

Source : http://www.leparisien.fr

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